Trois années à l’Ecole des Plantes de Lyon

En mars dernier j’ai validé trois années de formation à l’Ecole des plantes de Lyon. Officiellement, ce certificat ne m’autorise pas à être herboriste. Le diplôme n’existe plus en France depuis 1942. Peu importe, je dirai quand même que je suis herboriste et plus particulièrement paysanne herboriste.

Je reçois depuis trois ans beaucoup de questions sur le blog ou sur Instagram autour de cette école et de la formation que j’ai suivie. Je vais essayer dans cet article de vous restituer ces trois années passées à Lyon et surtout vous partager la suite de cette belle aventure de paysanne herboriste.

Le choix de la formation

Je voulais une formation sur place et non pas par correspondance. Je savais que par correspondance j’aurais eu du mal à suivre car je fais beaucoup de choses et il m’arrive de laisser certaines choses de côté. Aller en cours, m’obligeait à me tenir à cette astreinte. J’ai hésité entre deux formations : l’école de Lyon et l’Imderplam à Montpellier. J’aimais bien cette dernière formation car j’avais vu dans le programme qu’il y avait des modules en médecine traditionnelle chinoise et cela m’intéressait bien comme approche. Finalement, j’ai choisi le plus simple pour moi avec les transports et donc c’est à Lyon que je me suis inscrite. Je n’ai pas de formation en MTC mais par contre je me suis tournée vers l’ayurveda.

Les cours dispensés à l’ELPM

Un week-end par mois pendant trois ans, je suis allée en cours à Lyon. Le contenu de la formation est intéressant par plusieurs points. Il y a des cours d’anatomie et de physiologie. Pour moi, ce sont des cours indispensables si on veut conseiller. Il me parait nécessaire de savoir comment fonctionne notre corps si on souhaite soulager des personnes. Ces cours étaient passionnants et étaient donnés par une médecin généraliste. Elle a su nous faire passer des connaissances assez pointues que j’ai plaisir à partager maintenant à mon tour. Nous avons étudié par exemple le fonctionnement du foie, de la peau, des poumons, des reins, du système immunitaire et du système nerveux, etc. C’est une belle base qui permet de mieux comprendre comment les plantes agissent dans notre corps. J’ajoute à ces connaissances anatomiques et physiologiques la vision ayurvedique que j’ai apprise par ailleurs.

Le deuxième cours qui m’a profondément marquée, c’est le cours de botanique. Quel dommage que la botanique soit si peu étudiée quand on est jeune. J’ai bien eu un cours de SVT sur le système reproductif des plantes (la fleur donc) mais que de lacunes nous avons une fois adulte. La botanique m’a permis de voir le monde différemment, de voir les paysages différemment, de ne plus voir une forêt, une pelouse, un champ, une friche mais un ensemble d’êtres vivants. La botanique m’a offert une vision riche du monde qui nous entoure où il existe des centaines de différentes formes de feuilles, de fleurs, de tiges, etc, des centaines de différentes façons d’être au monde. Plonger dans le monde végétal grâce à la botanique a été une clef pour ouvrir ma représentation du monde.
Les cours théoriques ont été accompagnés d’un week-end par an de sortie botanique. Ce sont ces week-ends qui vont me manquer. Partir deux jours entiers, flore en main, en montagne a été une expérience très enrichissante. Je ne prends pas le temps maintenant de partir faire des reconnaissances de plantes et mes flores pour le moment restent sur mes étagères. Je voulais faire une reconnaissance complète des plantes spontanées dans mes jardins. Je ne l’ai jamais fait. Je m’aperçois pourtant que j’ai des connaissances acquises qui ressurgissent au détour de conversations ou simplement quand je me promène. J’aime partager ces quelques bases lors de mes ateliers d’herboristerie.

Avec des bases sur le corps humain et des bases sur les plantes, on peut maintenant passer à l’étude proprement dite des plantes médicinales. J’avais donc un cours de phytothérapie que plusieurs formateurs se partagent et un cours d’aromathérapie donné par une chimiste.

Ces cours étaient donc le coeur même de la formation. Pour des raisons pédagogiques, les formateurs ont découpé l’ensemble des cours en différents systèmes : digestif, respiratoire, nerveux etc. C’est en troisième année que tout s’articule alors et qu’on peut avoir une vision d’ensemble. On peut faire associer les plantes à plusieurs systèmes et comprendre les interactions entre les systèmes dans le corps.

Ces cours peuvent être parfois fastidieux à apprendre car il y a beaucoup d’informations à connaitre pour chaque plante. Pourtant sans vraiment m’en rendre compte j’ai amassé une tonne de connaissances sur des dizaines de plantes qui me sont maintenant familières.

Toutes ces plantes sont ce que je développe dans ma nouvelle vie de paysanne herboriste : les conseiller, les manipuler avec différentes personnes, différents cas, continuer de m’informer sur les nouvelles recherches, échanger avec les consœurs/frères.

Avec ces cours, nous avions aussi des cours de chimie et de chimie verte. Les cours de chimie ont permis de remettre en ordre les connaissances lointaines du collège alors que la chimie verte (chimie organique principalement, c’est à dire la chimie du carbone) a été une complète découverte pour moi. Se farcir des listes de molécules à apprendre n’a pas été le plus sympa de la formation mais je suis contente d’avoir maintenant des bases en principes actifs des plantes médicinales. Cela ne fait pas de moi ni une pharmacognosiste, ni une chimiste pour autant.

Je ne m’attarde pas trop sur les cours de diététique qui ne m’ont pas appris grand chose que je ne savais déjà étant intéressée depuis longtemps par l’alimentation. Ce sont surtout mes connaissances en cuisine ayurvedique qui m’ont permis d’ouvrir mon esprit à une nouvelle façon de s’alimenter.

Les petits bémols


J’avais un bémol à mettre à cette formation quand j’y étais. Je trouvais que nous n’avions pas assez d’études de cas de conseils. Or le cœur de notre métier et de l’examen final est le conseil. J’ai appris que maintenant les élèves sont amenés à ces réflexions dès la première année.
Par ailleurs, j’ai toujours regretté de ne pas être plus en contact avec les plantes. Lors des cours de botanique et de plantes médicinales nous n’avions pas accès aux plantes. Je sais maintenant que le nouveau professeur de botanique amène des plantes fraiches en cours. Par contre, je n’ai pas eu vent qu’il y ait une armoire à plantes sèches de qualité disponible lors des cours de plantes médicinales. Je trouve que cela est très important de pouvoir reconnaitre les plantes sèches d’herboristerie, d’autant que souvent elles sont coupées rendant difficile leur identification.

L’Ecole a changé de locaux. Tout se déroule à Dardilly dorénavant. Il y aura forcément des changements dans le déroulé des cours, dans l’organisation et dans l’accès aux plantes.

L’Ecole des Plantes de Lyon a été ma première entrée vers le monde des plantes médicinales. Je suis reconnaissante de l’ensemble de ce que les professeurs m’ont transmis et partagé de leur expérience. Cette formation a été aussi un tremplin pour me lancer et acquérir de la confiance.

Mes activités de paysanne herboriste

Durant ma formation, je lançais aussi mon activité agricole. Avec mon compagnon, nous avons axé nos premières années agricoles sur la production de plants pour les jardiniers, le maraichage et la culture des plantes aromatiques pour la création d’une gamme d’épices et de condiments. J’ai mis un peu de côté la culture des plantes médicinales à destination commerciale mais j’ai prévu sur ma nouvelle ferme d’accroitre la culture et la cueillette sauvage de ces plantes. Je prépare d’ailleurs une nouvelle gamme de tisanes médicinales, une gamme de simples et j’aimerais proposer des tisanes sur mesure. J’ai aussi une grande attirance pour les macérats huileux de plantes médicinales alors pourquoi pas un jour avoir une gamme d’huiles de massage.

Les plantes médicinales que je cultive pour le moment, je les garde pour mon usage personnel et pour les personnes que je conseille. C’est une activité bénévole pour le moment que j’apprécie beaucoup. J’accompagne quelques personnes sur plusieurs mois. Je vais développer cette activité en y ajoutant de plus en plus mon expérience ayurvédique.

Par ailleurs, je mets en place des ateliers d’herboristerie. Il me semble important de partager toutes ces connaissances. J’aime ces moments d’échanges. Cette année, je n’en ai proposé qu’un sur la cuisine ayurvédique. Je relancerai un programme d’ateliers plus conséquent en 2020 quand j’espère avoir trouvé une nouvelle ferme.

En 2018, j’ai aussi participé au sein de la Fédération des Paysans Herboristes à la création d’une formation de conseiller en plantes médicinales à destination des paysans herboristes de quinze jours au CFPPA de Nyons. J’ai eu de très bons retours des stagiaires qui ont participé et des intervenants et j’en suis ravie. Ce travail se poursuit sans moi maintenant car je ne voulais pas me charger en travail supplémentaire en cette année de transition. Il y aura je pense très très bientôt un Brevet Professionnel de Responsable d’Entreprise Agricole orienté vers le métier de paysan herboriste.

Est-on obligé de passer par une école ?

Non bien sûr comme vous n’êtes pas obligé de passer par une formation tout court.
Il existe beaucoup de formations pour apprendre les usages des plantes médicinales. Vous pouvez aussi apprendre par vous même dans la littérature mais je trouve toujours intéressant de faire quelques formations pour rencontrer d’autres herboristes et échanger sur les pratiques. Je vous donne une liste de quelques formations que je connais. Vous pouvez vous orienter vers des formations longues ou courtes, cumuler des courtes, changer de lieu de formation etc. Cette liste complètement non exhaustive pourra vous aider dans votre choix :

Et vous avez-vous suivi une formation en herboristerie ? Etes-vous intéressés par ce type formation ?

Bonne tisane !

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