Faire des boutures de fin d’été

Je fais des boutures de plantes vivaces aromatiques et médicinales à la fin de l’été. Elles auront le temps de s’enraciner avant le froid de l’hiver et je pourrai les repiquer au printemps. Elles repartiront plus vite que les boutures de printemps et je pourrai en vendre sur les marchés.

Outre la précocité que je gagne au printemps, je trouve intéressant de faire des boutures fin août/septembre car il fait encore chaud, indispensable pour la reprise. La chaleur est plus aléatoire au printemps. Pour les boutures de printemps, il faudra donc des techniques pour garder au chaud vos boutures.

Je bouture plusieurs plantes : verveine, géranium rosat, thym, sarriette, hysope, lavande, sauge. Ce sont des plantes vivaces, c’est à dire qu’elles restent en place d’une année sur l’autre. On parle aussi de plantes pérennes.

Le bouturage est une technique de multiplication végétative. On prélève un morceau de plante pour qu’elle fasses des racines et ainsi créer une nouvelle plante identique à la plante mère.

Bouturer des plantes aromatiques et médicinales vivaces étape par étape

Le bouturage est une opération simple à condition de garder en tête quelques astuces. Je vous présente ma technique de bouturage dite de tête. C’est une science non exacte et il se peut que vous rencontriez différentes approches.

Matériel :

  • sécateur
  • plaques de boutures/semis ou tout autre contenant avec un trou au fond et pouvant supporter l’humidité
  • terreau ou mélange terre de jardin + compost + sable (le sable permet un bon drainage de votre substrat. Cela évite les risques de pourriture)
  • un contenant avec de l’eau
  1. Choisissez une plante saine pour être le pied mère de vos boutures (terme utilisé pour désigner les plantes sur lesquelles on prend les boutures). Rappelez vous que vous allez la multiplier à l’identique.
  2. Prélevez des tiges dessus. Prenez des tiges aoûtées, c’est à dire des tiges de l’année qui ont commencé à lignifier (à se durcir). Prenez les aussi longues que votre contenant est profond ou du moins le plus long possible. Prenez soin d’avoir au moins 2 ou 3 yeux, là d’où partent les feuilles, c’est à cet endroit que la plante va refaire des racines facilement.
  3. Effeuillez les tiges pour ne garder qu’un petit plumet. N’oubliez pas la tige n’a plus de racines pour se nourrir et s’hydrater. Moins il y aura de feuilles, moins il y aura d’évapo-transpiration, plus la tige se remettra de ne plus avoir de racines. Vous pouvez même couper au 2/3 les feuilles du plumet si elles sont grandes.
  4. Plantez la tige le plus profond possible de manière à ce que seul le plumet soit apparent
  5. Posez la plaque dans un bac avec de l’eau et laisser l’eau imprégner le terreau, c’est ce qu’on appelle de la subirrigation. On laisse le terreau se mouiller par capillarité. On évite ainsi d’abimer les petites tiges avec un arrosage qui peut être violent. Cela permet aussi d’être sûr que tout le terreau est bien mouillé.
  6. Une fois que le terreau est bien mouillé, cela peut pendre une dizaine de minutes, sortez la plaque et installez-la à la lumière (mais pas en plein soleil sinon vos boutures vont mourir dans les heures qui suivent) et au chaud (une serre si vous en avez, dans la maison sinon). Comme les températures sont encore clémentes, vous pouvez sortir les boutures la journée et les rentrer le soir.
  7. Veillez à ce que le terreau soit toujours humide mais sans excès car sinon la tige peut pourrir. Certains préconisent de mettre une cloche par dessus, je n’ai jamais testé cette méthode. Vous prenez des risques de pourriture en faisant cela. En ayant soin de laisser bien humide le terreau, j’ai de très bon résultats de reprise.
  8. Pour arroser, vous pouvez continuer de faire de la subirrigation ou utilisez un vaporisateur.

Ne désespérez pas si vos boutures ne prennent pas toutes ou ne prennent pas du tout. Le bouturage est affaire de patience, d’observations et surtout de petits soins. Soyez minutieux dans vos coupes de tiges, dans vos effeuillages, dans la plantation dans le terreau et soyez vigilants sur l’humidité. La plante fait tout le reste : refaire des racines à partir d’un petit oeil que vous avez pris soin de lui laisser.

Quand la bouture est prise, vous verrez des racines sortir du contenant. Cela peut pendre plusieurs semaines, soyez patients. Vous pourrez alors repiquer les boutures dans un contenant plus grand comme un godet et le garder avec vous au chaud tout l’hiver avant une plantation au printemps quand le sol aura réchauffé.

J’ai écrit un article sur le repiquage au printemps des boutures de fin d’été : la saison des plants 2018 est ouverte.

La bouture c’est sympa mais n’en abusons pas

Dès que je le peux, je fais aussi des semis des plantes que je bouture. Des fois, ce n’est pas possible comme avec l’estragon.
Il faut dire que le bouturage c’est un clonage. La plante bouturée qui a refait des racines a le même génome que le pied mère, elle est identique. Presque toutes les plantes que vous trouverez en jardinerie sont des boutures, des clones souvent clones d’autres clones.
Je trouve que cela restreint le vivant et je préfère de loin les semis qui permettent des brassages. Je sème par exemple au printemps l’hysope et la sauge pour les vendre en plants alors que je les bouture aussi à la fin de l’été. Je sais donc que j’essaime grâce à mes clients des souches différentes d’hysope et de sauge. En plus, j’ai fait des semis de ces plantes pour faire mes pieds mères. Je prélève des boutures sur des individus différents. Lors de mon déménagement, je ne récupérerai pas ces pieds mères mais j’ai déjà prévu de refaire des semis au printemps pour me refaire une plantation. Je vais donc repartir une nouvelle fois sur des plantes différentes. Je tente aussi avec la verveine et ne désespère pas de pouvoir semer un jour toutes mes vivaces tout en alternant avec la bouture. La bouture reste le moyen le plus facile de multiplier ces plantes et le plus rapide pour obtenir une jolie plante.

Je vous encourage aussi à semer les plantes aromatiques et médicinales vivaces. Ce n’est pas toujours facile mais faites un peu des deux et échangez vos plantes issues de semis avec d’autres jardiniers afin de mélanger les populations.

Bonne tisane !

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